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La
tour de Teyssieu |
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On accède actuellement dans la tour par une porte donnant sur le perron qui conduit au premier étage de lécole voisine. Mais ce nest quune brèche ouverte sans soins dans les temps modernes. La porte primitive, qui existe encore, est au même niveau, sur la face Est de la tour ; de ce coté elle est à environ 5,50 mètres du sol. Des voûtes divisent lintérieur de la tour en quatre parties que nous désignerons de bas en haut : I, II, III, IV.
La fenêtre inférieure, plus grande que les deux autres, et dont lencadrement extérieur est en pierres de taille, a ses bords abattus par un chanfrein.
Dans la embrasure de cette porte est laccès dun escalier à vis, pratiqué dans lépaisseur du mur dangle de la tour. Il est constitué par des dalles dont lextrémité forme le noyau de la vis. Il permet de monter à la hauteur où du être jadis le premier plancher. Au-dessus comme de nos jours, il ne devait y avoir que des échelles, ou peut-être des escaliers en bois sommaires, du genre des échelles de meuniers. Au débouché de lescalier à vis, il y a sur le mur Nord, des restes denduit ; on y distingue une décoration en rouge brun, formée de lignes horizontales, comme celles dun faux appareil, entre lesquelles sont des rameaux et des fleurs stylisées.
Sous la voûte, au milieu du mur Nord, est une porte donnant accès à un escalier à volée droite, pratiqué dans la épaisseur du mur. Il conduit à la partie III. (2).
Un escalier à volée droite pratiqué dans lépaisseur du mur Nord, permet daccéder à la partie supérieure IV de la tour. La porte inférieure de cet escalier est à environ 1m,80 du sol de la pièce III, pour permettre de passer au-dessus de lentrée des latrines. La pièce du haut de la tour est couverte dune voûte en blocage de moellons, qui paraît assez récente ; elle est grossièrement en forme darc de cloître. La pièce est éclairée par deux fenêtres ouvertes presque au ras du sol à lEst et à lOuest, et par une lucarne percée dans la voûte ( qui permet d accéder au pourtour extérieur ). Remarquons que la tour n' a aucune cheminée (3). En dehors des mâchicoulis qui ont certainement été ajoutés après coup, il est possible que le haut de la tour ait fait l' objet de remaniements et de reconstructions.
La tour de Teyssieu présente des archaïsmes: étage inférieur ou on accède que par une trappe, entrée à la hauteur d' un premier étage, absence d' archères, voûtes en plein cintre- si elles sont d' origine-. La tour de Teyssieu est ainsi du type des tours ou: " donjons Romans" du Quercy, et plus généralement , du midi de la France. Mais le mode de construction de l' escalier à vis, les portes en arc brisé, et, dit-on, le chanfrein de l' ouverture d' une des fenêtres, ramènent après 1200. De fait on possède pour la tour un terminus a quo: en 1232, un vicomte de Turenne donna à "ses chevaliers, Bertrand et Pierre Bonafos, frères, l' afar de Teyssieu"; ils devaient y construire une tour (4); c' est au moins la partie inférieure de la tour actuelle, on peut donc la dater du second tiers du XIII° siècle. La connaissance de la date de sa construction fait l' intérêt de l' étude de la tour de Teyssieu. On voit qu' en Quercy on a construit des " tours Romanes" après 1200. Ce doit être le cas pour Cardaillac, comme nous l' avions supposé, et pour la tour de Luzech, avec son ancienne porte d'entrée à bords moulurés par un cavet. Les Bonafos étaient encore seigneurs de Teyssieu au début du XV° siècle (5). Mais peu après, Françoise de Bonafos épousa un Gontaud-Cabrerets, et sa fille Françoise se maria en 1540 à Antoine de Noailles, lui apportant Teyssieu (6). A la fin du XVIII° siècle, les Molins étaient seigneurs de Teyssieu, et en 1819, Jean-Baptiste Molins possédait encore le château de Teyssieu (7). Car les Bonafos ne se contentèrent pas toujours de la tour. Ils construisirent autour d' elle un château. un plan de 1876 (8), montre ce qu'il en restait à l' époque. Le perron qui se trouve devant la tour existait déjà, au midi, il y avait une cour, vers l' ouest, le château était limité par le mur d' une maison voisine, mais ce mur avait appartenu au moins en partie au château, car on y voit encore une meurtrière disposée pour tirer vers l' Ouest. A l' est, était un batiment B, à un étage (9); il était prolongé vers le Sud par un mur de 2m,70 d' épaisseur, au bout duquel se trouvait une tour ronde sur laquelle on avait construit une pièce rectangulaire servant de Mairie (10). La cour était fermée au Sud par un mur ne montant pas à plus de 5m de hauteur, avec l' embrasure d' une porte. Il est probable que c' était le mur de façade Nord d' un bâtiment détruit, situé en A sur le plan ci joint, qui allait jusqu'à la tour ronde. D' après la tradition, il y aurait eu autrefois une autre tour ronde correspondant à l' angle Sud-Ouest de ce bâtiment. Enfin, la porte d' entrée du château se trouvait entre le mur Sud et le mur de la maison voisine dont nous avons parlé; le montant Nord de la porte a été conservé; on y voit la trace de la rainure de la herse et d'une porte. Mais il est étonnant que le mur ou était la porte n' ait eu que 1m,40 d' épaisseur, alors que celui qui joint la tour ronde en a 2m,70. Le plan de 1876 a été établi en vue de l' achat du château pour y construire l' école communale à la place du bâtiment B. L' achat a été effectué vers 1900. Il était prévu que l' angle Nord-Ouest du bâtiment B serait conservé. De fait il y a encore au rez-de-chaussée de l' école sous le perron, une porte en arc brisé. On devait aussi garder la porte d' entrée de la cour du château, et sans doute le mur qui fermait la cour au midi. Ce mur et la porte ont été démolis pour faire la place qui est maintenant au Sud de la tour. La municipalité avait décidé de conserver celle-ci. Il était jugé nécessaire de " recouvrir la tour au plus tôt pour prolonger sa durée" (11). Et l' estimation pour l' achat du château indique que la tour était crénelée et qu' il faudrait en "abattre un peu" (12). Elle n' a pas été couverte, mais c' est certainement alors que créneaux et mâchicoulis furent détruits. La tour n' est pas le seul monument intéressant de Teyssieu. L' église possède un chur roman qui mériterait une étude. Et elle conserve une " Piéta du XV° siècle", et un "fer à hosties du XIV°" qui sont classés (13). Louis d'ALAUZIER Notes : (1) Le classement ne paraît pas avoir paru au journal officiel. (2) A hauteur du bas de la voûte, on remarque dans le mur du midi, un renfoncement rectangulaire : la présence dune feuillure sur tout le pourtour de ses bords, montre quil sagit dun placard. (3) Alors qu' il y a des latrines auxquelles aurait pu suppléer n' importe quel récipient. Il en est de même dans les tours de Luzech et de Cardaillac, que nous datons de la même époque que celle de Teyssieu (voir plus loin). Ceci joint au fait, que dans le pays les presbytères étaient nommés "caminades": maisons munies de cheminées, semble montrer qu' au XIII° siècle, les cheminées étaient considérées comme un luxe, même pour la cuisson des aliments. Pourtant les tours du genre de celles de Teyssieu devaient avoir été conçues pour subir un siège de plusieurs jours! (4) Arch. Nat. Q1*,146 ,f° 81 (copie du XV° siècle) (5) Léon de Bonafos dénombra Teyssieu en 1504 (biblio. de Cahors, Fonds Greil, n°138, f°129 ). Il déclara posséder 30 journaux de prés nobles, et avoir chaque année un revenu de 100 setiers de seigle, 15 de froment, 35 d' avoine, 80 poules et 10 livres de cire. Une partie de ces revenus venait de ses moulins, mais la plus grande devait être constituée par des cens. (6) Fichier des Archives Départementales du Lot. (7) Etat de sections de Teyssieu. (8) A l' école communale de Teyssieu, nous remercions le Directeur: M. Larribe, d' avoir bien voulu nous le communiquer, et de nous avoir si bien accueilli. Nous donnons la reproduction partielle de ce plan. (9) La face Est de la tour, porte la trace d' un toit à deux versants dont le faite était perpendiculaire à celui du toit du bâtiment B. (10) Il en est encore de même de nos jours. (11) La face Sud présente une grande lézarde. (12) Tout ceci d' après Arch. Depart. du Lot, série 0, dossier Teyssieu.. (13) Arrêté du 20 mai 1910. |
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